Les pédagogies actives : Montessori et Pikler-Loczy

Dans cet espace d’accueil, deux espaces d’éveil ont été pensés :
  • Un espace pour les 0-3 ans inspiré de la pédagogie Pikler-Loczy avec un aménagement de l’espace permettant au tout-petit une découverte et une motricité libres, tout en sécurité.
  • Un espace pour les 3-6 ans inspiré de la pédagogie Montessori avec du matériel à disposition, ainsi que des jeux de société adaptés, un espace créatif, un espace de lecture et un espace de jeux de construction.
  • Des livres sur chacune de ces pédagogies actives (et d’autres) sont disponibles dans la bibliothèque des parents, mais en voici des résumés :)

    Quelques mots sur la pédagogie Pikler-Loczy

    La pédagogie Pikler-Loczy est très intéressante pour les tout-petits, car elle permet de favoriser leur développement autonome et harmonieux en intervenant le moins possible, tout en leur offrant une relation stable et affectueuse. Cette pédagogie est de plus en plus appliquée dans les Établissements d’Accueil du Jeune Enfant, où les éducateurs constatent qu'elle porte ses fruits.

    D’où vient cette pédagogie?

    Cette pédagogie vient des travaux de la pédiatre hongroise Emmi Pikler sur la motricité libre et sur l'expérience de Lóczy, pouponnière qu'elle a fondée avec des conditions d'accueil visant l’éradication des carences institutionnelles. Elle a pour grand principe une attention personnalisée et des relations chaleureuses avec le tout-petit, au sein d'un environnement stimulant, stable et prévisible. Emmi Pikler était persuadée que l’enfant se déplaçant librement, sans restriction, est plus prudent et apprend mieux à tomber sans risque, tandis que l’enfant exagérément protégé et dont les mouvements sont limités, est plus facilement en danger, faute d’avoir expérimenté ses propres capacités et leurs limites. La pédagogie Loczy consiste alors à laisser l'enfant se développer à son rythme, en puisant dans ses propres ressources sans que l’adulte n’intervienne dans ses acquisitions motrices comme le développement de la marche. « Il est essentiel que l’enfant se découvre autant que possible. Si nous l’aidons à résoudre tous les problèmes, nous lui volons le plus important : son développement mental » affirmait Emmi Pikler. Selon Emmi Pikler, le développement du bébé est programmé. Dans des conditions normales, le développement du tout petit se déroule spontanément, dans un ordre donné, de manière identique quelles que soient les époques et les pays : Il est donc inutile d’apprendre au bébé à se retourner, à ramper, se tenir debout, marcher, toucher, saisir, lâcher un objet, etc. :) Concrètement, cela veut dire qu'il ne faut pas asseoir un bébé tant qu'il ne sait pas le faire de lui même. Il vaut mieux le laisser allongé par terre près des adultes pour qu'il apprenne de lui même à s'asseoir. Cela veut aussi dire, entre autres, qu'on ne lui prend pas les mains pour lui apprendre à marcher mais qu'on le laisse saisir nos mains s'il en a besoin et qu'on le laisse déployer ainsi ses jambes et sa marche de la manière la plus harmonieuse possible, celle qui lui permettra de développer une marche spontanée qu'on n'aura jamais à corriger. Le bébé fera tout cela de lui-même, au fil des possibilités nouvelles permises par son développement sensori-moteur. Le bébé prend plaisir à exercer son corps et progresse chaque jour, chaque petit pas précédant et préparant le suivant dans un processus continu et dans un ordre donné : Le bébé ne poursuit pas un but, il va à l’aventure, découvre à tâtons... Il est ainsi capable de fournir d'énormes efforts et fait preuve de ténacité, puis, le moment venu, il est capable aussi de se reposer, de regarder ailleurs, avant de retourner à sa tâche. Il est donc important de respecter les activités spontanées du bébé, l’ordre et le rythme de leur apparition, la continuité de ce processus dont le bébé est auteur et acteur, parce que chaque pas prépare le suivant.

    Quelques mots sur la pédagogie Montessori, une “aide à la vie”

    La pédagogie Montessori est indissociable de la personne qu’était Maria Montessori, de son parcours professionnel et de ses expériences auprès des enfants. Cette pédagogie est avant tout une philosophie, une manière de percevoir l’enfant en le considérant comme l’acteur de sa propre construction. L’objectif de l’éducation est de permettre le développement et l’expression du potentiel de chaque enfant individuellement, grâce à un environnement approprié et au respect de sa personnalité. Ainsi, l’essentiel de la pédagogie Montessori repose sur le développement de l’être humain dans toutes ses dimensions : physique, sociale, intellectuelle et émotionnelle. N’ayant pas les mêmes besoins au même moment, un environnement approprié (qui respecte l’histoire de chaque enfant, sa personnalité et son rythme) lui permet d’être le maître de son propre développement à travers des expériences choisies.

    L’environnement Montessori

    Le concept « d’environnement préparé » est un concept complexe de la pédagogie Montessori. Il repose sur des aspects à la fois matériels, physiques et temporels, humains mais aussi sociaux, pensés pour encourager l’activité autonome de l’enfant. Maria Montessori écrivait que « la fonction du milieu n’est pas de former l’enfant mais de lui permettre de se révéler. » Cet environnement est préparé sous le faisceau des périodes sensibles, de façon à permettre le développement et l’expression du potentiel de chaque enfant qui y évolue. Dans un environnement Montessori, afin que leurs besoins soient respectés, les enfants sont libres de choisir leurs activités, parmi un panel de propositions qui a été pensé et prévu pour répondre aux enjeux des périodes sensibles. Cela encourage le développement de leur autonomie. La possibilité pour l’enfant de poursuivre l’atelier choisi aussi longtemps qu’il le souhaite lui permet de satisfaire ses intérêts profonds et offre le temps nécessaire à la construction de l’intelligence, selon son propre rythme. Ce temps mis à la disposition des enfants leur permet de trouver le chemin vers la concentration, donc vers eux-mêmes, chemin qui les mènera vers les autres.

    Les ateliers et le matériel aident à la construction de l’enfant

    Le matériel Montessori constitue des aides au développement pour l’enfant, sa fonction principale étant de lui permettre d’explorer le monde, de s’en saisir et de se construire. Le matériel offre à l’enfant un contrôle de l’erreur visible et tangible pour permettre l’autocorrection : l’enfant peut mesurer seul s’il a convenablement mené une activité à son terme. En se corrigeant lui-même, il devient indépendant de l’adulte, peut répéter l’activité à son rythme et développer peu à peu sa capacité de concentration. Ce matériel permet ainsi à l’enfant de passer du simple au complexe, du concret à l’abstrait, sans avoir recours à l'appréciation de l'adulte. Celui-ci adopte une démarche semblable à celle du scientifique : il procède par tâtonnement, par une succession d’essais et d’erreurs, l’incitant à de nouvelles recherches et à toujours plus d'exactitude avant de découvrir par lui-même la généralité. Pour favoriser l’activité spontanée et l’autonomie, les objets sont adaptés à la taille et à la force de l’enfant, lui permettant de les déplacer, de les manier sans l’aide de l’adulte. Ils sont attrayants par la matière, la couleur et l’harmonie des formes, ils sollicitent la curiosité et l’invitent à explorer, à les manipuler selon ses goûts et ses intérêts immédiats.

    Ces ateliers sont divisés en quatre domaines :
  • Les ateliers de vie sensorielle : Ce matériel est étudié pour présenter un seul concept, une seule notion à la fois. Grâce à une discrimination sensorielle, l’enfant transpose un concept, passant de l’abstrait au concret. Il peut ainsi comparer, analyser et classer ses perceptions en affinant son pouvoir d’observation. Le matériel sensoriel prépare indirectement aux mathématiques et à la géométrie. La réalisation d’une gradation, la représentation du nombre et de l’unité, le travail préparatoire aux équivalences, l’apprentissage des formes géométriques sont autant de concepts que l’enfant va pouvoir intégrer de manière active.
  • Les ateliers de vie pratique : C’est un matériel basé sur la vie quotidienne, favorisant l’autonomie. Le soin apporté par l’enfant à sa personne et à l’environnement (intérieur et extérieur) est primordial. L’enfant réalise un travail avec un but direct (apprendre à verser, éponger, visser, dévisser, lacer ses chaussures,…) et indirect (développement de la motricité fine, préparation à l’écriture…). La répétition de ces gestes précis permet le raffinement du mouvement, la coordination motrice et surtout la concentration. Cette dernière étape est le but recherché afin d’aider à la construction de soi.
  • Les ateliers de langage : Le matériel de langage est riche en nomenclatures, d’images classifiées afin d’enrichir le vocabulaire. Le matériel de langage permet aux enfants d’acquérir les aptitudes nécessaires pour déchiffrer ce qui est écrit et d’y donner un sens.
  • Les ateliers de mathématiques : Pour se servir des nombres, il faut en comprendre la fonction. Dans la pédagogie Montessori, le matériel a été conçu pour comprendre progressivement la valeur des nombres et savoir les utiliser dans le système décimal.